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Un Français pour remplacer Juncker ?

Le président de la Commission et son commissaire à l'Economie

L’hypothèse prend de l’épaisseur : en 2019, lorsque le mandat de l’actuel président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, viendra à échéance, Pierre Moscovici pourrait bien être intéressé.

M. Juncker l’avait annoncé en février : « je ne me porterai pas candidat une seconde fois ». On attendait donc de courageux volontaires pour reprendre le cap. Cap’ ? Le Français Moscovici affirme l’être : il vient de confier à la presse allemande : « la candidature à la présidence de la Commission pourrait m’intéresser ».

Actuellement commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, à la fiscalité et à l’union douanière – reprenons notre souffle – c’est l’heure pour M. Moscovici de mettre en avant un CV idéal pour briguer la présidence de la Commission. Il a décidé de faire connaître son ambition via le quotidien allemand Die Welt.

« Je ne veux pas faire campagne pour faire campagne, mais avec l’ambition de gagner »

Anticipant une concurrence libre et non faussée pour l’accession au poste suprême, Moscovici se présente en candidat déterminé : « je ne veux pas faire campagne pour faire campagne, mais avec l’ambition de gagner ».

Grand seigneur, le commissaire a cependant affirmé qu’il « pourrait aussi très bien faire quelque chose d’autre». A la commission, ce ne sont pas les opportunités qui manquent : qu’ils se dirigent chez Ryanair, Volkswagen, Uber ou Goldman Sachs, c’est la moitié des commissaires européens qui embraye sur une carrière dans le privé. Pardon, dans le monde de l’entreprise.

S’il a privilégié un journal d’outre-Rhin pour faire part de ses ambitions, le commissaire européen n’oublie pas son pays d’origine. Ainsi, dans les jours qui suivirent l’investiture d’Emmanuel Macron, il lui avait rappelé les exigences budgétaires de Bruxelles.

« Austéritéophile » (bien qu’il s’en défende), Moscovici a lui même participé à la mise en place de la plupart des coupes budgétaires en Grèce. Bienveillant vis à vis des Français, le commissaire avait donc souhaité se montrer rassurant : « mon message n’est pas un message de pression, en aucun cas un message de sanction, c’est un message de confiance et de bienvenue [à Emmanuel Macron] ».

Veni, vidi, (Mosco)vici ?

Fabien Rives

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