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Au grand bonheur de Free, l’Europe prête aux riches…

Xavier Niel est un homme heureux. C’est également un chaud partisan de l’Europe. Au regard de ce qui suit, les deux vont tendrement de pair.

L’actionnaire principal de la firme de télécommunication Iliad (la maison-mère de Free) vient en effet de décrocher pour son groupe un nouveau crédit à hauteur de 200 millions d’euros. Le prêt – à des conditions particulièrement avantageuses – est proposé par la Banque européenne d’investissement (BEI). Cet établissement financier public européen, qui emprunte sur les marchés financiers, a pour mission  d’encourager les investisseurs privés au sein de l’UE.

A ce titre, la BEI est l’instrument principal dudit Plan Juncker, du nom du président de la Commission européenne. Le plan en question, lancé en 2015, a pour objectif proclamé de relancer la croissance des Vingt-huit. Sur la base d’une mise initiale de 21 milliards de fonds publics, il doit accumuler jusqu’à 63 milliards d’euros empruntés qui, par un effet de levier, lui donnent une force de frappe de 315 milliards.

Il s’agit d’« aider » les entrepreneurs à surmonter les risques, en garantissant les sommes que ceux-ci prévoient d’investir. Garantie publique, et bénéfices privés attendus. Au motif qu’il faut encourager les investissements qui, faute d’appui, n’auraient pu voir le jour.

Le plan doit financer des projets « innovants », particulièrement dans les infrastructures, et vise notamment les PME.

Avec 2 milliards d’euros de fonds propres, et plus de 4,5 milliards de chiffre d’affaires, on ne sait si le groupe de M. Niel rentre exactement dans cette catégorie. Mais qu’importe : Iliad s’est engagé à investir dans la fibre optique, en déployant cette dernière dans les zones densément et moyennement densément peuplées.

Depuis 2010, Free (réseau mobile, Internet, fixes…) a obtenu 550 millions de prêts accordés par la BEI, alors que l’exploitant téléphonique croule sous les liquidités…

M. Niel est du reste un habitué du guichet : depuis 2010, Free a ainsi obtenu 550 millions de prêts accordés par la BEI. Ce qui suscite quelques rumeurs dans le Landerneau – les gens sont si méchants ! Les mauvaises langues font ainsi remarquer que l’exploitant téléphonique Free (réseau mobile, Internet, fixes…) croule sous les liquidités. Et n’aurait du reste aucune difficulté à accéder au crédit bancaire classique.

Le vice-président de la BEI a justifié une telle largesse par le fait que l’UE « s’est fixé des objectifs en matière de numérique ».

Côté Free, ce serait plutôt des objectifs de numéraire…

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