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Pour Emmanuel Macron, rester ou sortir de l’Union est une question « compliquée »

Macron May

Rendons à César ce qui appartient Jupiter : Emmanuel Macron fait (parfois) preuve de lucidité et de discernement. Ce fut le cas dimanche 21, lorsque le maître de l’Elysée, interrogé sur l’issue d’un référendum qui se tiendrait en France sur le modèle du Brexit, avoua que la réponse serait « probablement » la même qu’outre-manche. Par prudence cependant, la confession fut lâchée sur les ondes de la BBC, qui n’est pas la radio la plus écoutée dans l’Hexagone.

Reste que l’aveu est de taille : il prend pour le moins à contre-pied le discours officiel convenu sur le sujet, selon lequel une écrasante majorité de Français serait favorable à l’Union européenne, pour peu qu’on fasse quelques concessions au mythe d’une « Autre Europe ». En outre, selon le « narrative » (!) bruxellois en vogue, depuis que l’ex-banquier de chez Rothschild a « terrassé » Marine Le Pen le 7 mai dernier dans un combat « incertain et serré », l’amour de l’Europe serait en train de déferler à nouveau aux quatre coins du Vieux continent.

Les Français auraient-ils voté pour quitter l’UE ? « Oui, probablement » – Emmanuel Macron

Les Français auraient-ils voté pour quitter l’UE ? « Oui, probablement, dans un contexte identique. Mais notre contexte était très différent, donc je ne veux pas parier » a répondu exactement le chef de l’Etat, dans cet entretien enregistré avant sa rencontre avec Theresa May. Il a ajouté : « c’est une erreur de faire répondre par oui ou par non quand vous ne demandez pas aux gens comment améliorer la situation, et que vous n’expliquez pas comment l’améliorer ».

Une sage précaution qui renvoie aux déclarations de Marie Ségolène Royal de juillet 2016, alors qu’elle était ministre du gouvernement Valls. Celle qui est désormais promue ambassadeur pour les pôles arctique et antarctique avait déclaré : « nous ne ferons pas l’erreur de David Cameron, rassurez-vous. Nous n’allons pas faire de référendum sur la sortie de la France de l’Union européenne, ça, je puis vous l’assurer ».

Peu avant, Sylvie Goulard, fugace ministre de la Défense d’Edouard Philippe, explicitait cette anxiété face aux verdicts populaires : « je ne crois pas que le peuple, dans sa grande sagesse, est capable de tout comprendre ».

Version Emmanuel Macron, janvier 2018, cela donne donc : « vous prenez toujours un risque quand vous demandez de répondre par oui ou par non sur un sujet très compliqué ».

Que le nouveau héros de l’Europe, auteur de l’épique discours de l’Acropole vantant le souffle historique de l’Europe, juge « compliquée » la question de savoir s’il faut ou non rester dans l’UE, voilà un scoop qui mériterait pour le moins de ne pas passer inaperçu.

Le Brexit sera notamment au cœur des Rencontres de Ruptures, organisées le 9 février à l’ENS. Le chercheur et politologue britannique John Laughland figure parmi les invités.

Il est vivement conseillé de s’inscrire sans attendre : rencontres@ruptures-presse.fr

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  • Louis Antoine

    Vous écrivez :

    Emmanuel Macron fait
    (parfois) preuve de lucidité et de discernement. Ce fut le cas
    dimanche 21, lorsque le maître de l’Elysée, interrogé sur
    l’issue d’un référendum qui se tiendrait en France sur le
    modèle du Brexit, avoua que la réponse serait « probablement »
    la même qu’outre-manche. Par prudence cependant, la confession fut
    lâchée sur les ondes de la BBC, qui n’est pas la radio la plus
    écoutée dans l’Hexagone.

    Je crois plutôt qu’au
    delà de la lucidité et du discernement , macron s’est livré a une
    petite manœuvre a usage externe , principalement en direction des
    allemands ; après avoir claironné a tous vents qu’il allait
    réorienter l’europe, lui donner un nouveau souffle , etc etc, il
    s’est fait piteusement renvoyer dans ses but sur les sujets comme un
    gouvernement de la zone euro ou la mutualisation de la garantie des
    emprunts nationaux par l’UE , dont les allemands ne veulent
    absolument pas . Sans parler du râteau qu’il a pris dans la figure
    sur les travailleurs détachés, ou le vote sur le glyphosate ;
    il savait très bien que sa déclaration ne serait pas reprise par
    les grands médias francais, par contre, il tente un petit chantage
    en faisant symboliquement cette déclaration en grande Bretagne :
    en somme, accordez moi au moins une partie de mes exigences, sinon,
    il pourrait arriver un malheur, du style brexit..c’ est dérisoire, il
    n’obtiendra rien , et tout cela ne fait qu’illustrer une fois de plus
    le niveau d’insignifiance et d’impuissance auquel nous nous sommes
    condamnés par notre adhésion à l’UE

    • Eric Germain

      C’est tout a fait cela.
      Du coup le FREXIT s’impose.