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Nouvelle volte-face de Trump ? Le retour du traité transatlantique se précise

Comme nous l’avions signalé dans un article précédent (« Nouveau revirement possible de Washington : vers une résurrection du TTIP ? »), le « traité transatlantique » n’est pas mort et enterré. Il apparaît même de plus en plus probable qu’il va être réanimé, ce qui constituerait un reniement supplémentaire pour le président américain. En effet, le candidat Trump avait clairement promis lors de sa campagne la mise au rebut du traité de libre-échange avec l’UE.

Les discours officiels sont encore contradictoires ou flous mais des déclarations du secrétaire au commerce des États-Unis laissent penser qu’il était prématuré de prononcer l’acte de décès du TAFTA.

Après Paul Ryan, président de la Chambre des représentants américaine, c’est donc au tour de Wilbur Ross de pratiquer un vigoureux massage cardiaque sur le TTIP. Le secrétaire au commerce US a dit le 31 mai que Washington était disposé à reprendre les discussions sur le traité…

M. Ross, qui est par ailleurs un investisseur et un banquier dont la fortune personnelle est estimée à 2,5 milliards de dollars par le magazine Forbes, a déclaré sur la chaîne de télévision CNBC : « Ce n’est pas une erreur si, alors que nous nous sommes retirés du TPP [partenariat transpacifique], nous ne nous sommes pas retirés du TTIP ».

Et il a ajouté : « L’UE est l’un de nos plus importants partenaires commerciaux, et légalement toutes les négociations doivent être conduites au niveau de l’UE, pas avec des nations individuellement ». Les leçons d’Angela Merkel sur le droit européen semblent payer. En effet, la chancelière allemande, lors de sa visite à Washington en mars, avait tenté de convaincre le président américain de réactiver le TTIP, en faisant passer le message suivant : pas de « deals » individuels avec les États membres, l’administration US doit négocier avec Bruxelles.

« Nous avons un ÉNORME déficit commercial avec l’Allemagne, en plus ils paient BIEN MOINS qu’ils ne le devraient pour l’OTAN et le secteur militaire. Très mauvais pour les USA. Ça va changer » – tweet de Donald Trump

Le milliardaire Wilbur Ross, qui était pro-TTIP avant d’être nommé par Donald Trump au poste de secrétaire au commerce, est revenu à cette position, les arguments de Mme Merkel ayant manifestement marqué les esprits outre-Atlantique. M. Ross a ainsi défini ce qui paraît être la ligne actuelle de Washington : « il est logique de poursuivre les négociations sur le TTIP et de travailler à une solution qui permette d’augmenter le volume global des échanges tout en réduisant notre déficit commercial. »

L’entente avec la chancelière allemande s’arrête là, la dernière partie du commentaire de M. Ross constituant une référence explicite aux plaintes que Donald Trump a réitérées le 29 mai quant à l’excédent commercial allemand. Le président américain a enfoncé le clou le lendemain dans un de ses fameux tweets : « Nous avons un ÉNORME déficit commercial avec l’Allemagne, en plus ils paient BIEN MOINS qu’ils ne le devraient pour l’OTAN et le secteur militaire. Très mauvais pour les USA. Ça va changer ».

Si le traité transatlantique semble bel et bien sur la voie de la résurrection, la reprise des négociations impliquera peut-être des concessions du côté allemand. Une telle configuration poserait des problèmes à la fois à Donald Trump et à Angela Merkel, l’un devant faire accepter à ceux qui l’ont élu que la relance du TTIP ne constitue pas un revirement défavorable aux travailleurs américains, l’autre devant s’assurer que les concessions de Berlin n’hypothèquent pas ses chances (pour l’instant solides) d’être reconduite à la tête de la chancellerie à l’issue des élections fédérales de septembre prochain. Du travail en perspective pour les communicants…

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