Actu

Verhofstadt appelle à intervenir pour « stopper » Orban

Ancien premier ministre belge

Vous avez goûté l’Afghanistan ? Aimé l’Irak ? Adoré la Libye ? Réjouissez-vous : un nouveau bonheur se prépare – la Hongrie. C’est en tout cas ce dont semble rêver le chef du groupe libéral à l’europarlement, Guy Verhofstadt.

Celui-ci vient de publier une tribune accordée à la chaîne américaine CNN, qui somme les dirigeants occidentaux, et Washington tout particulièrement, d’« intervenir » pour contrer Viktor Orban, le premier ministre hongrois. Le texte se conclut par cette invite pour le moins martiale : « nous devons le stopper. Maintenant ».

Certes, l’ancien Premier ministre belge n’imagine probablement pas qu’une opération punitive armée contre ce pays – membre de l’OTAN – soit possible (même s’il ne faut jamais sous-estimer les subconscients guerriers de certains « Européens fervents »…). Il évoque plutôt les « coûts financiers et politiques » que les gouvernements de l’UE et des USA ont « le devoir moral » d’imposer – une formulation anglo-saxonne classique pour désigner des sanctions. Il exhorte également ceux-ci à « fournir du soutien » aux ONG sur place. Un peu comme on avait financé la « société civile » ukrainienne afin de préparer l’insurrection puis le putsch issu de Maïdan.

« nous ne pouvons pas laisser les gouvernements populistes entraîner les Etats européens démocratiques dans l’orbite de Vladimir Poutine »

Au moins, la rhétorique et les motivations du Torquemada strasbourgeois sont claires : « nous ne pouvons pas laisser les gouvernements populistes d’extrême droite entraîner les Etats européens démocratiques dans l’orbite de Vladimir Poutine ».

Son argumentation s’appuie sur le rapport voté le 12 septembre par l’europarlement demandant la mise au ban de la Hongrie au motif d’atteintes répétées à l’Etat de droit, à la liberté de la presse, aux libertés des associations pro-migrants. Autant d’accusations que Viktor Orban est venu contredire face aux europarlementaires. Il a rappelé qu’il s’était vu confier un troisième mandat lors des récentes élections générales – c’est même le dirigeant qui dispose du plus large soutien électoral parmi les Vingt-huit Etats membres.

On peut parfaitement être en désaccord avec les idées politiques du parti de M. Orban. Mais le plaidoyer de M. Verhofstadt relève d’un autre registre : il rappelle que quand un pays est membre de l’UE, les règles de celles-ci (les « valeurs », comme on dit au CAC 40) doivent prévaloir sur le vote des électeurs.

On le savait, certes, mais il faut savoir gré au fédéraliste échevelé de le rappeler de manière quelque peu virile. On ne peut s’empêcher cependant de relever une petite bizarrerie dans l’appel du dirigeant belge : celui-ci ne manque jamais de plaider avec ferveur pour l’« unité de l’Europe » moyennant cet argument maintes fois martelé : celle-ci doit pouvoir décider de manière « indépendante » de sa politique et « faire contrepoids » dans le monde face aux Etats-Unis.

Ces mêmes Etats-Unis qu’il exhorte cette fois-ci à prendre la tête de la campagne de Hongrie. Peut-être Donald Trump s’en amusera-t-il dans un prochain Tweet. A supposer bien sûr que le nom de Verhofstadt lui dise quelque chose.

Peu probable, à vrai dire.

Partager :