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Trois citations ébouriffantes de Pierre Moscovici !

Après une première sélection de trois citations époustouflantes, nous proposons un nouveau pot-pourri de déclarations savoureuses. Mais cette fois-ci elles sont toutes de Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques. Ce traitement de faveur semble justifié tant l’ancien ministre de l’Économie de François Hollande s’est surpassé dans une interview à EurActiv (13 avril) consacrée à l’élection présidentielle française.

Voici donc les perles du fier commissaire austéritaire :

« Rien ne justifie l’europessimisme français. »

Pas même le chômage, le développement des inégalités économiques et sociales, les reculs démocratiques, la disparition de la souveraineté populaire, l’abandon de l’indépendance nationale, les délocalisations, la désindustrialisation, la dégradation de la condition des agriculteurs et des pêcheurs, l’effritement progressif des services publics, la prolifération du travail précaire, les tensions internationales, les manœuvres menaçantes de l’OTAN, la situation des pays du sud de l’Europe, la surveillance de la population de plus en plus étroite et intrusive ?… Arrêtons-nous là dans cette popu-liste par charité pour le fonctionnaire européen qui, selon LeMonde.fr, touche « une rémunération mensuelle brute de 24 565,15 euros ». Le populisme est par contre net dans cette précision salariale.

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« Il ne faut jamais avoir de plan B, car ça veut dire qu’on ne croit plus au plan A ! »

Une déclaration pour le moins rassurante de la part d’un « responsable » politique, d’autant plus que Pierre Moscovici s’exprime ici au nom de la Commission européenne, qui donc n’a pas de plan B en cas de victoire du « courant populiste » – encore lui ! – en Europe. Après tout, peut-être que M. Juncker et ses vingt-huit euro-apôtres ont raison de ne pas voir à trop long terme…

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« L’idée d’une renégociation globale et unilatérale des traités n’est pas inscrite dans l’ADN de l’Europe. »

Voilà qui est instructif, surtout pour les nombreux partisans d’une « autre Europe », impliquant un « bras de fer avec Bruxelles ». Pierre Moscovici répondait là à une question sur les plans A et B de Jean-Luc Mélenchon vis-à-vis de l’Union européenne. Le commissaire européen, qui connaît bien le candidat de la France insoumise pour l’avoir longtemps côtoyé au sein du Parti socialiste, pense que « Jean-Luc Mélenchon a vraiment le souhait de changer l’UE, mais [que] sa méthode risque d’aboutir à une impasse. » Entre réformistes issus du rocardisme, on se comprend encore un peu malgré les voies partisanes divergentes prises récemment.

Pierre Moscovici et Jean-Luc Mélenchon débattent en juin 2010 au sujet de la candidature de Dominique Strauss-Kahn – avortée l’année suivante à cause d’un incident hôtelier – à la présidentielle de 2012 (lire cette joute complice organisée par « L’Express »).

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Terminons avec une ultime citation qui montre la subtilité du sens de l’humour de Pierre Moscovici, une qualité qu’on ne lui reconnaît pas suffisamment : « je reste socialiste, et je suis persuadé que le PS reste une force indispensable à la démocratie. » Désopilant.

Laurent Dauré

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