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L’UE ne cesse de financer massivement l’Ukraine, mais provoque ainsi de nouvelles contradictions…

zelensky

En anglais, on dit « open bar ». En français, « buffet à volonté ». Et en ukrainien ? Le concept existe forcément à Kiev, où le président Zelensky (à droite, face à Ursula von der Leyen) réclame de l’UE et de ses Etats membres encore et toujours des financements supplémentaires tant pour ses capacité militaires que pour son budget général. Et les obtient sans discontinuer.

En tout cas, les obtenait. Car à force de tirer sur la corde, le chef de l’Etat ukrainien pourrait finir par semer le trouble chez ses partenaires européens. Le 24 août dernier, il a sidéré ces derniers en leur annonçant un déficit du budget 2026 à combler à hauteur de 23 milliards d’euros.

Fin septembre, le problème semblait avoir été résolu par Kiev, mais le gouvernement ukrainien demandait en revanche tout à trac un pactole de 69 milliards d’euros pour faire face aux besoins estimés pour 2027.

L’Ukraine a fait valoir l’intensification des bombardements russes et leur impact majeur sur l’économie du pays. En outre, les exportations – notamment agricoles – de ce dernier qui transitent par la Mer Noire sont fortement ralenties, ce qui représente autant de recettes en moins. Enfin, le président ukrainien va certainement tirer argument du « lâchage » récent par Donald Trump. Et nul doute que les « partenaires européens » de Kiev vont mettre en scène leur « soutien indéfectible » à Volodymyr Zelensky.

Pourtant, pour plusieurs dirigeants européens, la pilule est cette fois dure à avaler. L’UE vient en effet déjà de promettre 90 milliards, sur deux ans (2026 et 2027), soit 60 milliards destinés à financer l’effort de guerre, et 30 milliards pour boucher les trous du budget civil. Une promesse financée par un emprunt européen commun des pays de l’UE, que les Ukrainiens sont censés rembourser quand ils auront obtenu le paiement de dommages de guerre attendus de Moscou – c’est-à-dire jamais.

Pour sa part, le chancelier allemand a confirmé, lors d’une visite éclair à Kiev le 4 octobre, « un nouveau programme d’aide militaire à l’Ukraine d’environ 1 milliard d’euros ». Selon ses propres chiffres, l’Allemagne a donné plus de 43 milliards d’euros de soutien civil bilatéral et près de 58 milliards d’euros d’aide militaire depuis quatre ans.

Pour mesurer l’ampleur globale de la perfusion, il faut rappeler que l’UE et ses Etats membres ont déjà transféré plus de 220 milliards d’euros depuis février 2022, selon les chiffres fournis par Bruxelles. Soit par exemple l’équivalent du total des dépenses budgétaires de l’Espagne prévues pour 2027. D’où cette exclamation d’un haut fonctionnaire européen (citée par Le Monde) : « on a l’impression d’arroser le désert »…

Un cri du cœur qui traduit une inquiétude particulièrement sensible à l’heure où les Vingt-sept tentent de trouver un accord sur le budget communautaire 2028-2034 de l’UE. A ce stade, ce Cadre financier pluriannuel (CFP) prévoit 100 milliards d’euros supplémentaires pour l’Ukraine…

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