15 et 16 octobre, Bruxelles, réunion du Conseil européen : affrontements sous-jacents mais ambiance feutrée d’entre soi. 17 octobre, Paris et plusieurs centaines d’autres villes en France : convergence des colères (malgré les casseurs) face à des décisions financières et budgétaires conspuées. Deux mondes aux antipodes.
Dans le second cas, des centaines de milliers de manifestants – lycéens et étudiants poursuivant leur mobilisation en cours, mais aussi salariés du privé, enseignants, fonctionnaires, pompiers, de même que des agriculteurs et de nombreux anciens « Gilets jaunes » – ont battu le pavé ou occupé des ronds-points pour crier leur ras le bol face à un avenir bouché et un présent insupportable (pouvoir d’achat, prix des carburants…). Des manifestations où fleurissaient nombre de drapeaux français et de Marseillaises, manière, sans doute, d’exprimer le peu d’appétit pour une soumission face à Bruxelles.
Car les chefs d’Etat et de gouvernement réunis dans la capitale des institutions européennes avaient à leur ordre du jour des thèmes ou des décisions qui influent de près ou de loin sur le sort des peuples. En vrac, selon le compte-rendu officiel : « compétitivité, Ukraine, République de Moldavie, prochain cadre financier pluriannuel, Moyen-Orient, défense et sécurité européennes, migrations, élargissement »… Entre autres.
Deux sujets ont particulièrement retenu l’attention des observateurs du sommet. Le dossier le plus brûlant et le plus disputé était l’élaboration du budget communautaire pour la période 2028-2034. L’affrontement sur le « Cadre financier pluriannuel » (CFP) est en réalité un grand classique qui revient tous les sept ans.
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