C’est ce qui s’appelle un pari raté. Le 26 février, la cheffe du gouvernement danois annonçait la tenue d’élections générales anticipées pour le 24 mars. Mette Frederiksen (photo), qui dirige le parti social-démocrate depuis 2015, et qui est au pouvoir depuis 2019, espérait alors profiter du frémissement des sondages en sa faveur.
Sans doute bénéficiait-elle à ce moment là de la volonté américaine brutalement affirmée de s’emparer du Groenland, et de la fermeté qu’elle a affichée face à l’arrogance de Donald Trump.
Mais, quelques semaines plus tard, les électeurs danois en ont finalement décidé autrement. Dans un scrutin auquel 83,7% des 4,3 millions d’électeurs inscrits ont participé (un niveau très proche des précédentes élections de 2022), les sociaux-démocrates arrivent certes en tête, du fait de la multiplicité des listes qui vont être représentées au Parlement (douze ont franchi la barre des 2%). Mais ils n’obtiennent que 21,9%, leur pire résultat aux législatives depuis… 1903.
Lors du précédent scrutin, en novembre 2022, leur score était de 27,5%. Mme Frederiksen aurait pu à ce moment former une coalition avec des formations situées à sa gauche : le Parti populaire socialiste et la Liste de l’unité. Ces partis la soutenaient (sans participation gouvernementale) depuis 2019.
Mais la sociale-démocrate avait fait finalement un autre choix : une alliance avec Les Modérés, un parti étiqueté centre-droit, et avec les Libéraux, clairement classés à droite. Ce dernier parti, avec 10,1% des suffrages, perd 3,2 points, et appelle désormais à une union des droites, donc sans les sociaux-démocrates.
Quant aux Modérés, ils recueillent 7,7%, soit une légère baisse de 1,6 point. Leur chef, qui était ministre des Affaires étrangères dans le cabinet sortant, a appelé ses deux partenaires à renouveler la coalition sortante. Les négociations vont sans doute être complexes et durer quelques semaines.
La reconstitution d’un « bloc de gauche » ne semble pas dans les intentions de Mette Frederiksen. Pourtant, le Parti populaire socialiste obtient 12%, soit un gain de 3,3 points par rapport à 2022, et se retrouve en deuxième parti du pays. Il apparaît donc comme l’un des deux gagnants de ce scrutin. La Liste de l’unité rassemble pour sa part 6,3% des électeurs (+ 1,2 point).
Incontestablement, les sociaux-démocrates pâtissent de leur alliance à droite lors de la dernière législature, qui ne correspondait sans doute pas aux souhaits de beaucoup de leurs électeurs ; ainsi que de la politique que cette dernière a déterminée. Par exemple, à peine quelques jours après la formation de la coalition de 2022, le gouvernement annonçait la suppression d’un jour férié… afin de financer la hausse du budget de la défense.
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