Le 6 septembre, les électeurs du Land allemand de Saxe-Anhalt étaient appelés à élire leur parlement régional et renouveler ainsi l’exécutif qui en est issu (en Allemagne, les régions ont beaucoup plus de pouvoirs qu’en France).
La campagne électorale avait pris l’allure d’une chronique de la victoire annoncée du parti AfD (Alternative pour l’Allemagne). Cette victoire s’est finalement avérée un triomphe pour ce parti fréquemment classé à l’extrême droite : il a rassemblé 43,8% des suffrages, soit un bond de 23 points par rapport aux précédentes élections. Un résultat d’autant plus remarquable que la participation a été massive, atteignant 77,8%, contre seulement 60,5% en 2021. L’événement a fait la Une des médias européens.
Conséquence indirecte du vote : de nombreux journalistes et responsables politiques français – notamment – ont découvert l’existence de ce « petit » Land (2,2 millions d’habitants) dont le territoire était situé dans la République démocratique allemande (RDA) jusqu’à ce que celle-ci soit absorbée par la RFA. Tant il est vrai que pour la sphère politico-médiatique française, l’Allemagne reste inconsciemment circonscrite à l’histoire et la géographie de l’Allemagne de l’Ouest.
Sans grande originalité, la presse française a répété en chœur un même refrain : pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, l’extrême droite allemande arrive en tête dans un scrutin régional.
Commentant la percée de l’AfD, le chef du Parti socialiste français, Olivier Faure, a réagi de manière martiale : « ce n’est plus un avertissement. C’est un ordre de mobilisation générale qu’il faut lancer. L’internationale réactionnaire et d’extrême droite avance à visage découvert ». Pour sa part, le leader du principal parti macroniste, Gabriel Attal, a qualifié le vote de « vrai signal d’alarme », appelant à « réinventer le modèle (pour) reprendre la main dans un monde qui change ».
De son côté, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot – entre deux déclarations condamnant les potentielles ingérences russes dans les élections françaises – a qualifié le programme de l’AfD de « trahison de l’esprit européen », prenant ainsi le risque d’assurer ainsi involontairement la promotion dudit programme…
Si le succès de l’AfD le 6 septembre a été éclatant, c’est que ce parti a récupéré des anciens ou récents électeurs d’à peu près toutes les autres forces politiques, et a mobilisé nombre d’abstentionnistes.
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