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L’UE au défi de la « stratégie nationale de sécurité » de Donald Trump…

maduro

Un chef d’Etat brutalement enlevé et pris en otage (photo) après le bombardement de sa capitale par une grande puissance qui s’apprête à le « juger ». Un président des Etats-Unis qui revendique ouvertement cet acte de gangstérisme sanglant (plusieurs dizaines de gardes du corps ont été assassinés) et qui vante l’opération à la manière d’une prouesse merveilleuse d’une série télévisée. Le même Donald Trump qui proclame ouvertement que Washington est désormais « aux commandes » du Venezuela, dont les USA affirment haut et fort vouloir s’approprier l’exploitation des richesses, à commencer par les immenses réserves de pétrole.

Et pour couronner le tout, tel un parrain mafieux, le locataire de la Maison blanche qui avertit explicitement que son opération punitive sera réitérée à l’encontre de tous les pays qui ne se soumettraient pas à son diktat, avec en première ligne de mire la Colombie, l’Iran, et Cuba en perspective.

Au lendemain de l’opération réalisée le 2 janvier par le commando américain à Caracas, la sidération régnait parmi les capitales de pays des cinq continents. Avec un constat commun, qu’il soit déploré ou applaudi : l’ordre mondial qui prévalait vaille que vaille depuis huit décennies vient de subir un choc considérable. Le quotidien américain The Washington Post évoque un nouveau Far West.

Bien sûr, avec un peu de recul historique, cet hubris impérial n’est pas une nouveauté. Depuis le 19ème siècle, les USA n’ont jamais vraiment répudié la conception selon laquelle l’Amérique latine constitue leur pré carré, et plus généralement qu’aucune contrée du monde ne doit échapper à leur domination potentielle.

Mais cela faisait très longtemps qu’un tel cynisme n’avait pas été ouvertement affiché. Désormais, l’Oncle Sam, en l’occurrence l’Oncle Donald, juge inutile de s’encombrer de discours sur la défense des « valeurs » ou de la « démocratie ». Ce sont les intérêts bruts qui seuls comptent ; cela a au moins le mérite de la clarté.

L’opération du 2 janvier visant Nicolas Maduro apparaît ici comme la caricaturale illustration de la « stratégie nationale de sécurité » rendue publique par l’administration Trump tout juste un mois plus tôt. Ce document a été qualifié par de très nombreux analystes de « rupture historique ».

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