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Coup de théâtre électoral en Serbie, mais Bruxelles a peu de raisons de triompher…

Manifestation élections Belgrade

Coup de théâtre en Serbie. Le président Aleksandar Vucic, qui avait annoncé le 20 août la tenue d’élections législatives anticipées pour le 25 octobre, puis sa démission quelques semaines plus tard dans l’espoir de conduire à nouveau le pays en tant que premier ministre, a spectaculairement raté son pari.

Son parti, le SNS (Parti progressiste serbe, conservateur-nationaliste souvent classé au centre-droit) essuie une sévère défaite. Avec 39,6% des suffrages, il perd 7,1 points par rapport au scrutin de 2023, et 25 sièges, se retrouvant ainsi nettement minoritaire.

La grande gagnante est la « Liste étudiante », issue du mécontentement populaire monté en puissance depuis deux ans, qui recueille les votes de 53,5% des électeurs, et obtient ainsi 140 sièges sur les 250 que compte le parlement monocaméral. Tous les observateurs prédisaient un succès de ce mouvement, mais peu imaginaient qu’il obtiendrait la majorité absolue.

Mis à part les petites formations représentant des minorités nationales (telle que les minorités hongroise ou albanaise) qui se voient attribuer quatre sièges, l’ensemble des autre forces politiques sont éliminées du Parlement. Même la coalition menée par le Parti socialiste (SPS, qui fut jadis le parti de Slobodan Milosevic), avec 2,2% des suffrages, ne franchit pas le seuil de 3% nécessaire.

Toutes les autres formations obtiennent moins de 1%. C’est le cas notamment des partis pro-européens, de même que la formation Droite authentique, ultra-conservatrice. Une nouvelle ère politique s’ouvre donc pour ce pays de 6,7 millions d’habitants, qui fut la plus grande des six Républiques fédérées de la Yougoslavie avant que celle-ci n’éclate en 2003, à la suite des guerres des années 1990-2000, sous pression notamment de Berlin.

A la grande surprise de ses adversaires, Aleksandar Vucic a très rapidement reconnu sa défaite, en affirmant cependant que celle-ci était issue « d’une révolution (…) menée avec le soutien de divers pays européens et de l’Etat profond américain, celui qui s’oppose au président Trump ». Il reste que la « Liste étudiante » a bel et bien réussi à agréger les mécontentements.

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