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Les dirigeants européens s’écharpent sur le remboursement du méga-emprunt contracté en 2020…

Macron Merz

C’était il y a six ans – presque une éternité. Le 21 juillet 2020, le Conseil européen – après de nombreux affrontements et querelles entre Etats membres – lançait un « méga-plan de relance » visant officiellement à contrer l’asphyxie économique qui était en train de se répandre en Europe, conséquence de l’épidémie de Covid-19.

Baptisé « Next Generation EU », le plan prévoyait initialement que la Commission européenne injecte 750 milliards notamment sous forme de subventions (390 milliards d’euros) et de prêts (360 milliards) aux Etats membres. Pour percevoir cette manne, ces derniers devaient élaborer des feuilles de route nationales prévoyant des « réformes » qu’ils s’engageaient à mettre en œuvre, et précisant les domaines où les fonds perçus seraient investis.

Initialement, deux secteurs devaient être priorisés : la « transition environnementale » et le renforcement de la « numérisation de l’économie ». En 2023, des objectifs censés améliorer l’indépendance énergétique furent ajoutés. Puis suivirent des exhortations à ce que les capitales augmentent prioritairement leurs dépenses militaires.

Le mécanisme prévoyait de libérer les fonds progressivement, jusqu’à 2026. La plupart des pays ont bénéficié de cette distribution, mais pas forcément à la hauteur maximale promise. L’Italie et l’Espagne ont constitué les deux plus gros bénéficiaires.

Pour distribuer les milliards, la Commission devait préalablement les emprunter sur les marchés financiers, à un taux modique avait plaidé Bruxelles à l’époque, puisque l’opération était réalisée pour le compte de l’UE dont la signature est réputée sans risque. Avantage supplémentaire mis en avant par certains européistes : puisque l’opération créait une dette commune, cela revenait, de fait, à mettre en place un Trésor européen géré de manière centralisée. Un pas important vers une Europe fédérale, s’étaient alors réjouis ses partisans.

Pourtant, un tout petit détail avait alors été peu évoqué. Contracter une dette – qui plus est, de cette ampleur – impose évidemment de la rembourser un jour ou l’autre. « On trouvera bien un moyen » était en substance la réponse adressée à l’époque à ceux qui soulevaient la question.

Les eurocrates imaginaient par exemple inventer de nouveaux mécanismes générant des « ressources propres ». Comprendre : des revenus supplémentaires directement versés à Bruxelles venant s’ajouter aux cotisations des Etats membres qui constituent aujourd’hui l’essentiel des recettes de l’Union européenne.

Les premiers remboursements étaient prévus pour 2028, et s’étaler ensuite sur trente ans. Un horizon qui paraissait bien lointain vu de 2020, et qui semblait laisser ainsi le temps d’imaginer des solutions.

Sauf que six ans plus tard, l’échéance s’approche sans qu’aucune ressource supplémentaire n’ait été trouvée, à l’exception d’une modeste « taxe plastique » sur les emballages non recyclés, dont le produit est minime au regard des remboursements qui s’annoncent.

Dans ces conditions, plusieurs voix européennes posent désormais la question : faut-il rembourser ? Personne, évidemment, ne propose de faire défaut sur la dette. Mais on parle désormais de « refinancement » de cette dernière. Autrement dit d’émettre de nouveaux titres de dette pour rembourser ceux qui arrivent à échéance…

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