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Hausse des prix de l’énergie : les responsabilités de l’Union européenne

Prix à la pompe

Quasiment partout en Europe, les prix de l’énergie s’envolent. Gaz, puis par voie de conséquence électricité, et bien sûr pétrole brut, donc produits raffinés : toutes ces hausses viennent se répercuter sur le pouvoir d’achat des ménages, avec pour symbole le passage à la pompe de plus en plus infernal pour tous ceux qui ne peuvent se passer de leur véhicule.

Cela a naturellement des conséquences pour les entreprises, qui vont répercuter sur leur prix les augmentations des charges auxquelles elles doivent faire face, souvent de manière dramatique pour les plus petites d’entre elles.

Le phénomène se répand ainsi de proche en proche dans un grand nombre de secteurs de l’économie : transport routier, secteur du bâtiment et des travaux publics et plus généralement l’industrie – d’autant que, dans ce dernier cas, les hydrocarbures rentrent aussi comme matière première dans la production (chimie, plastics, emballages…). L’agriculture, de son côté, subit également en première ligne les conséquences.

Tout cela vaut en particulier pour la France, où les marins pêcheurs ont été les premiers à manifester. Plus généralement, le gouvernement redoute, sans le dire, une nouvelle explosion de colère, telle que celle des Gilets jaunes en 2018, même si les mouvements sociaux sont en réalité imprévisibles. Il promet des « aides ciblées » en faveur de ceux qui sont les plus dépendants de leur véhicule pour leur travail.

L’envol des prix de l’énergie survient dans un contexte où ces derniers étaient déjà particulièrement élevés

L’explosion des prix de l’énergie est due à de multiples causes, dont plusieurs sont liées aux règles et principes de l’Union européenne. Toutes relèvent en tout cas de décisions politiques qu’ont prises des dirigeants occidentaux.

Il faut d’abord rappeler que le nouvel envol des prix de l’énergie survient dans un contexte où ces derniers étaient déjà particulièrement élevés. Et ce notamment depuis 2022, date du début de la guerre en Ukraine.

A noter que ce n’est pas la guerre elle-même qui a fait grimper les prix, mais bien la décision des Vingt-sept de cesser les approvisionnements en provenance de Russie. Au motif qu’il convenait de « ne pas financer l’agression décidée par le Kremlin » (voire, espérait le ministre français de l’économie de l’époque, de « mettre à genoux l’économie russe »), c’est bien Bruxelles, et non Moscou, qui a décidé d’interrompre les livraisons de pétrole, de charbon, puis de gaz (même si un flux résiduel persiste).

La cause la plus immédiate est la guerre déclenchée le 28 février dernier par Washington et Tel-Aviv contre l’Iran

Cependant, la cause la plus immédiate de la crise énergétique actuelle est évidemment la guerre déclenchée le 28 février dernier par le président américain et le premier ministre israélien contre l’Iran. Alors que Washington et Tel-Aviv pensaient vaincre et soumettre promptement ce pays à travers cette « petite excursion » (selon les termes de Donald Trump), c’est le contraire qui s’est produit.

Téhéran a contre-attaqué en visant ses voisins du Golfe, producteurs de pétrole et de gaz, ainsi qu’en bloquant le détroit d’Ormuz par où transitait un cinquième des ventes mondiales d’hydrocarbures, déclenchant un déséquilibre majeur. Les Etats-Unis, impuissants à éliminer ce garrot, ont répliqué en instaurant leur propre blocage contre les navires iraniens.

Un accord entre les deux parties censé libérer la circulation maritime avait été signé en juin, mais a vite volé en éclats. Et ces dernières semaines, les rebelles yéménites du groupe Ansar Allah – les houthistes alliés à l’Iran – ont refait un fracassant retour en scène en s’assurant le contrôle d’un autre détroit stratégique, celui de Bab-el-Mandeb. Pour l’Arabie saoudite, visée, cela représente un coup particulièrement dur puisque ce passage représentait une voie alternative pour ses exportations de brut.

Du reste, les rebelles yéménites ont également visé l’oléoduc qui constituait le premier segment de cette alternative, et qui a dû être fermé par Riyad. Conséquence : le deuxième producteur mondial de pétrole ne peut plus assurer la fonction qui lui était implicitement attribuée : jouer le rôle de fournisseur mondial de dernier recours. Il n’en fallait pas plus pour semer la panique sur le prix du baril.

En aidant le président Zelensky à bombarder les installations pétrolières russes, l’UE aggrave encore l’envolée des prix

Mais ce n’est pas tout : l’UE porte une part de responsabilité. Elle est en effet devenue le principal donateur de moyens financiers, ainsi que d’armements et munitions, en faveur de Kiev. 90 milliards d’euros ont ainsi été promis par Bruxelles au président ukrainien sur les deux prochaines années.

Or l’aide ainsi généreusement fournie inclut notamment le financement des moyens aériens que les militaires ukrainiens utilisent pour frapper la Russie, tout particulièrement ses dépôts pétroliers et ses raffineries. Kiev provoque ainsi des pénuries de carburant chez son voisin, donc des restrictions et de longues files d’attente pour les automobilistes russes.

La réaction du gouvernement de ce pays était prévisible : donner la priorité à l’approvisionnement intérieur au détriment des quantités de carburant précédemment exportées. L’exportation de gazole a ainsi été suspendue. Avec pour conséquence des tensions supplémentaires sur le commerce mondial des hydrocarbures. Bref, en aidant le président Zelensky à bombarder les installations russes – aux frais des contribuables européens – l’UE aggrave encore l’envolée des prix.

Ce facteur est particulièrement critique en France, où près des trois quarts des raffineries ont été fermées depuis quelques décennies. Les pétroliers avaient en effet estimé que les importations de produits raffinés – qui représentent désormais 50% des besoins nationaux en gazole, par exemple – étaient plus rentables que le raffinage sur place du pétrole brut.

Du fait d’un mécanisme européen, le prix  du gaz – en hausse mondiale – « contamine » le prix de l’électricité

La responsabilité de l’Union européenne ne s’arrête pas là. En effet, si l’on comprend bien que des causes géostratégiques tirent les prix du gaz et du pétrole vers le haut, qu’en est-il de l’électricité ? En France par exemple, l’essentiel de cette dernière est d’origine nucléaire, c’est-à-dire fournie par des centrales sur le territoire national. Le reste – les renouvelables, dont l’énergie hydraulique – est également produit localement. Les prix devraient donc être protégés des soubresauts extérieurs.

Il n’en est rien : le système européen de formation des prix du courant impose que celui-ci obéisse à la logique dite du « coût marginal ». Du fait d’un mécanisme complexe, cela signifie que, la plupart du temps, le prix de l’électricité doit s’aligner sur le coût de production d’une centrale au gaz. C’est donc le prix – en hausse mondiale – de cette dernière énergie qui « contamine » le prix de l’électricité…

Par ailleurs, l’UE limite strictement le droit pour un Etat membre de diminuer ses taux de TVA nationaux. De ce fait, un gouvernement qui souhaiterait soulager ses automobilistes en abaissant la TVA sur les carburants au taux minimum (ou en la supprimant) en serait empêché par Bruxelles.

Bref, l’intégration européenne est censée protéger « ses citoyens » (y compris des foucades de l’Oncle Sam). La présente crise de l’énergie constitue à cet égard un flagrant contre-exemple.

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