Le terme de « séisme » a souvent été galvaudé. Mais c’est bien un tremblement de terre politique que les électeurs britanniques ont provoqué le 7 mai, date à laquelle ils étaient conviés aux urnes pour renouveler leurs conseils municipaux et leurs maires.
5 000 sièges étaient en jeu dans 136 collectivités locales. Environ un tiers des Anglais était donc concerné par ce vote. De leur côté, les citoyens écossais et gallois étaient invités à désigner leurs députés dans leurs parlements régionaux respectifs.
Même s’il s’agissait d’élections locales, et même si les comparaisons directes sont difficiles puisque les renouvellements (chaque année par tiers) concernent une partie seulement de l’électorat, le verdict est sans appel, et particulièrement cruel pour le Parti travailliste au pouvoir depuis juillet 2024. Le Labour avait fait élire cette année là 411 députés sur les 650 que compte la Chambre des communes, moyennant un score national de 33,7% des suffrages.
Moins de deux ans plus tard, seulement 17% des électeurs ont voté travailliste, reléguant ce parti à une infâmante quatrième place. En Angleterre, le Labour n’obtient que 1 068 conseillers soit une perte de 1 500 élus. Au parlement écossais, il n’a plus que 17 représentants sur 129 sièges. Et la déculottée est encore plus spectaculaire au Pays de Galles, où il ne disposera plus que de 9 députés sur 96, alors même que les Travaillistes dominaient largement ce qui était considéré comme un bastion depuis plus d’un siècle.
Piètre consolation, ce n’est pas son grand adversaire traditionnel, le Parti conservateur, qui profite de ce naufrage. Avec 17% des voix également, les Tories n’obtiennent en Angleterre que 800 conseillers, soit une perte de 563 élus. Lors des élections générales de 2024, leur score était encore de 23,7%.
Avec 18%, le Parti vert fait une petite percée, notamment dans la capitale, et fait élire 587 conseillers. Son jeune leader charismatique, Zack Polanski, qui revendique le concept d’« éco-populisme » a fait campagne en invoquant « la justice sociale et la justice environnementale », et a bénéficié de l’apport d’anciens électeurs travaillistes.
Le Parti libéral-démocrate (classé au centre) se satisfait de ses 16% des voix, un gain de près de 4 points comparés aux élections générales de 2024, ce qui lui permettra d’avoir 840 conseillers, un progrès de 150 élus.
Mais l’autre fait marquant du scrutin du 7 mai est le triomphe du Parti Reform UK. Cette force politique, dirigée par le charismatique champion du Brexit, Nigel Farage (photo), et souvent classée à l’extrême droite, réussit à capter une proportion considérable des déçus travaillistes mais aussi conservateurs.
Fort de ses 26% des voix, Reform UK obtient haut la main la première place – une performance qu’il n’avait jusqu’à maintenant réalisée qu’aux élections européennes, du temps où le Royaume-Uni était encore membre de l’UE. Il disposera désormais de 1 453 élus, alors qu’il n’en avait quasiment aucun.
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